Contexte international
La revalorisation économique et environnementale des friches par des solutions fondées sur la nature (SFN), notamment le phytomanagement, est au cœur des efforts internationaux pour répondre aux enjeux liés à la gestion des terres dégradées, au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la transition vers une bioéconomie durable.
1. Dégradation des terres et reconversion des friches
Plus de 25% des terres mondiales sont dégradées en raison de la pollution, de l'urbanisation et des activités industrielles (données de la FAO et Pnue). Les friches industrielles ou agricoles représentent une part importante de cette dégradation.
La conversion et la restauration de ces terres sont prioritaires dans les Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l'ODD 15 (Protéger, restaurer et promouvoir les écosystèmes terrestres).
La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) promeut des actions pour atteindre la neutralité en termes de dégradation des terres (Land Degradation Neutrality) d'ici 2030.
Le phytomanagement comme solution :
- Utilisation de plantes pour stabiliser, dépolluer et restaurer les sols contaminés, tout en générant des ressources valorisables (biomasse, bioproduits) ;
- Réduction des coûts par rapport aux solutions traditionnelles comme l'excavation et l'incinération des sols pollués.
2. Solutions fondées sur la nature (SFN)
Les SFN sont promues comme une approche clé pour répondre aux défis climatiques et environnementaux. Elles figurent dans :
- Le Pacte mondial pour la nature et les peuples (2021), soutenant les SFN comme outil central pour la restauration écologique ;
- Les politiques de l’Union Européenne, comme le Green Deal européen et la Stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2030 ;
- Les initiatives du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) qui valorisent les SFN pour améliorer la résilience climatique.
Phytomanagement dans les SFN :
- Le phytomanagement est compatible avec les principes des SFN en intégrant des objectifs environnementaux (stabilisation des sols, biodiversité) et socio-économiques (emplois, biomasse valorisable) ;
- Le phytomanagement permet d’exploiter des terres inutilisées tout en favorisant des bénéfices écologiques tels que le stockage du carbone et le soutien à la biodiversité.
3. Transition vers une bioéconomie circulaire
Focus sur la biomasse :
La bioéconomie circulaire est reconnue comme un levier de développement durable par l'OCDE, l'UE et des organismes comme la FAO. Les déchets biologiques et les terres marginales sont considérés comme des ressources sous-exploitées.
Les friches industrielles et dégradées sont idéales pour produire de la biomasse sans entrer en conflit avec les terres agricoles destinées à l’alimentation.
La biomasse issue de ces terres peut être utilisée pour :
- La production de bioplastiques, de bioénergies ou de matériaux biosourcés ;
- Des applications innovantes, telles que la phytomine (extraction de métaux par des plantes).
Phytomanagement et bioéconomie :
- Le phytomanagement génère une biomasse économiquement valorisable (bois énergie, huiles essentielles, fibres végétales), contribuant à la création de nouvelles chaînes de valeur ;
- Le phytomanagement offre une alternative durable aux approches extractives, en favorisant une économie circulaire axée sur la régénération.
4. Changements climatiques et séquestration du carbone
Engagements climatiques internationaux :
- L’Accord de Paris et les stratégies climatiques nationales promeuvent le stockage du carbone dans les sols et la végétation ;
- Le GIEC recommande des solutions fondées sur la nature pour augmenter la résilience climatique et capturer du CO₂.
Apports du phytomanagement :
- Certaines plantes utilisées dans le phytomanagement (arbres, graminées) ont un fort potentiel de séquestration du carbone ;
- Le phytomanagement permet de stabiliser les sols érodés et de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux polluants présents dans les friches.
5. Biodiversité et services écosystémiques
Selon le Rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, 2019), 75 % des écosystèmes terrestres sont altérés par l’activité humaine.
Les friches représentent une opportunité de reconvertir ces espaces en habitats pour la biodiversité.
Phytomanagement et biodiversité :
- Les plantes utilisées dans le phytomanagement peuvent être choisies pour attirer la faune, restaurer les habitats et améliorer la connectivité écologique ;
- La gestion des friches peut maximiser les services écosystémiques, tels que la pollinisation, la purification de l'eau et la régulation du climat.
Conclusion
Le phytomanagement, combinant la restauration écologique des friches et la valorisation économique de la biomasse, est aligné avec les priorités internationales pour une gestion durable des terres et une transition vers une bioéconomie circulaire. En exploitant des espaces dégradés pour offrir des solutions environnementales et des ressources renouvelables, il répond aux défis mondiaux du changement climatique, de la dégradation des sols et de la biodiversité. Ce domaine bénéficie de soutiens politiques et financiers croissants, faisant de lui un levier stratégique dans les initiatives de durabilité et d'économie verte.
